Vous trouverez ci-dessous, les artistes exposés à Point Rouge Gallery.
Exposition collective – 12 artistes de la galerie



Éclipses
Point Rouge Gallery présente Éclipses, une exposition réunissant quatre artistes autour d’un même espace entre apparition et disparition, lumière et obscurité, matière et silence.
À travers leurs univers singuliers, Anne Manolie, Éric Bourguignon et Jérôme Délépine explorent les possibilités de la peinture à l’huile sur toile, mais aussi de la cire et des émulsions.
Éclipses évoque ces instants où ce qui est visible se dérobe pour mieux laisser place à ce qui ne l’est pas encore. Une exposition ou la lumière devient language, où les oeuvres semblent apparaître dans un entre-deux, comme suspendues entre ombre et lumière.
On vous invite à découvrir ces quatres regards, quatre écritures et quatres façon de faire apparaitre l’invisible.
Artistes : Anne Manoli – Éric Bourguignon – Jérôme Délépine – Jean-Yves Gosti
Peintures & sculptures
35 artistes de la galerie
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TEXTILES
Sont-ils peintres, sculpteurs, installateurs ? Sans doute sont-ils tout cela à la fois, ces artistes qui emploient cette matière si multiple et si singulière : le fil.
Qu’elles soient de toile, de velours, de sergé ou de percale, de flanelle, de cretonne, de batiste ou de je ne sais quel autre tissage, tricotage, tapis, tapisserie ou broderie, ces œuvres singulières que cette exposition réunit assemblent avant tout des histoires. Chaque pièce ici montrée confronte à sa manière l’histoire d’un savoir-faire ancestral à de micro-histoires, personnelles et secrètes, que chaque artiste nous renvoie avec emphase ou retenue, timidité ou détermination.
La chaîne et la trame de ces riches matériaux, homogènes ou composites, nous livrent, plus sûrement peut-être que le marbre ou la peinture, une sensualité à fleur de peau qui, dans leur souplesse constitutive, en appellent à une participation active de tous nos sens. De plus, l’entrecroisement orthogonal de fils de laine, de coton, de soie, ou de tous autres composants, nous situe dans l’univers, territorialement et historiquement, aussi sûrement que nos encyclopédies ou nos quatre points cardinaux. En effet, la matérialité même de ces substances ne nous ouvre-t-elle pas à de nombreuses réflexions mentales et poétiques ? Leur provenance ne nous précipite-t-elle pas sur notre Terre plus sûrement et intimement que tous les récits des géographes ou explorateurs ? La laine finança les voyages de Christophe Colomb. Le coton suscita l’esclavage. La soie fut si longtemps mystérieuse qu’espions et aventuriers furent envoyés jusqu’aux confins orientaux de la Chine. Et le nylon ? S’il ne date que de 1935 et nous parlerait de New York et de Londres (NY-LON), il fit surtout rêver femmes et hommes par la suavité abordable de ces bas tellement hollywoodiens.
Ainsi, par la composition et les formes, les pesanteurs et l’audace chromatique, ces artistes font-ils émerger de nombreux et riches domaines polysémiques. Ils convoquent alors dans leur travail l’équivoque, l’ambiguïté et l’incertitude, l’indétermination et l’énigme. Ne sont-ce pas là, justement, le tissu constitutif premier de tout art ?
Étienne Yver, 2026