Originaire de Martinique, Arthur Joas est un artiste sculpteur- plasticien qui travaille principalement le métal.
En parallèle de sa pratique artistique, Arthur Joas entame une carrière d’handballeur professionnel de 1987 à 2001. Après cette période, il se consacre pleinement à sa passion pour l’art. Il réalise d’abord des assemblages abstraits avant de se tourner vers le visage et le corps qu’il monumentalise
Attiré par la beauté et la complexité du corps humain, et inspiré par les plus grands maîtres (Michel-Ange, Albert Féraud, Salvador Dali), Arthur Joas produit des œuvres sophistiquées à partir de matériaux bruts. Les pièces qui en résultent sont élégantes et aérées, l’œil ne peut se contenter d’un point fixe dans ses structures que le regard traverse de part en part. Agencés de manière architecturale, les morceaux de métal employés par Joas sont parfois rouillés, colorés, présentent des aspérités et des imperfections qui ajoutent encore au charme de ces structures humanoïdes
Arthur Joas souligne les courbes du corps avec ses morceaux de métaux soudés, laissant une grande place au vide, ce qui permet de pénétrer du regard ces immenses sculptures et de sonder l’intériorité comme l’extériorité de ces personnages. La double identité d’artiste et de sportif d’Arthur Joas se révèle dans sa manière de traiter les corps en mouvement, avec dynamisme et esthétisme
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TEXTILES
Sont-ils peintres, sculpteurs, installateurs ? Sans doute sont-ils tout cela à la fois, ces artistes qui emploient cette matière si multiple et si singulière : le fil.
Qu’elles soient de toile, de velours, de sergé ou de percale, de flanelle, de cretonne, de batiste ou de je ne sais quel autre tissage, tricotage, tapis, tapisserie ou broderie, ces œuvres singulières que cette exposition réunit assemblent avant tout des histoires. Chaque pièce ici montrée confronte à sa manière l’histoire d’un savoir-faire ancestral à de micro-histoires, personnelles et secrètes, que chaque artiste nous renvoie avec emphase ou retenue, timidité ou détermination.
La chaîne et la trame de ces riches matériaux, homogènes ou composites, nous livrent, plus sûrement peut-être que le marbre ou la peinture, une sensualité à fleur de peau qui, dans leur souplesse constitutive, en appellent à une participation active de tous nos sens. De plus, l’entrecroisement orthogonal de fils de laine, de coton, de soie, ou de tous autres composants, nous situe dans l’univers, territorialement et historiquement, aussi sûrement que nos encyclopédies ou nos quatre points cardinaux. En effet, la matérialité même de ces substances ne nous ouvre-t-elle pas à de nombreuses réflexions mentales et poétiques ? Leur provenance ne nous précipite-t-elle pas sur notre Terre plus sûrement et intimement que tous les récits des géographes ou explorateurs ? La laine finança les voyages de Christophe Colomb. Le coton suscita l’esclavage. La soie fut si longtemps mystérieuse qu’espions et aventuriers furent envoyés jusqu’aux confins orientaux de la Chine. Et le nylon ? S’il ne date que de 1935 et nous parlerait de New York et de Londres (NY-LON), il fit surtout rêver femmes et hommes par la suavité abordable de ces bas tellement hollywoodiens.
Ainsi, par la composition et les formes, les pesanteurs et l’audace chromatique, ces artistes font-ils émerger de nombreux et riches domaines polysémiques. Ils convoquent alors dans leur travail l’équivoque, l’ambiguïté et l’incertitude, l’indétermination et l’énigme. Ne sont-ce pas là, justement, le tissu constitutif premier de tout art ?
Étienne Yver, 2026