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Sculpture

Arthur Joas

Originaire de Martinique, Arthur Joas est un artiste sculpteur- plasticien qui travaille principalement le métal.

En parallèle de sa pratique artistique, Arthur Joas entame une carrière d’handballeur professionnel de 1987 à 2001. Après cette période, il se consacre pleinement à sa passion pour l’art. Il réalise d’abord des assemblages abstraits avant de se tourner vers le visage et le corps qu’il monumentalise

Attiré par la beauté et la complexité du corps humain, et inspiré par les plus grands maîtres (Michel-Ange, Albert Féraud, Salvador Dali), Arthur Joas produit des œuvres sophistiquées à partir de matériaux bruts. Les pièces qui en résultent sont élégantes et aérées, l’œil ne peut se contenter d’un point fixe dans ses structures que le regard traverse de part en part. Agencés de manière architecturale, les morceaux de métal employés par Joas sont parfois rouillés, colorés, présentent des aspérités et des imperfections qui ajoutent encore au charme de ces structures humanoïdes

Arthur Joas souligne les courbes du corps avec ses morceaux de métaux soudés, laissant une grande place au vide, ce qui permet de pénétrer du regard ces immenses sculptures et de sonder l’intériorité comme l’extériorité de ces personnages. La double identité d’artiste et de sportif d’Arthur Joas se révèle dans sa manière de traiter les corps en mouvement, avec dynamisme et esthétisme 

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Horaires

Du 24 avril au 16 juin 2024

Nicolas Canu | Jean-Yves Gosti

Vernissage

Samedi 27 avril 2024 à 18h

Double vue 

Nicolas Canu / Jean-Yves Gosti

 

Il est malaisé de tenter un rapprochement entre ces deux artistes d’une même génération (Nicolas Canu est peintre né en 1966 et Jean-Yves Gosti sculpteur en 1960). Cette nouvelle expérience est pourtant un riche face-à-face. Tenter une comparaison entre ces deux univers serait artificiel tant ils semblent se situer sur deux parallèles qui par définition ne se rejoignent qu’à l’infini. Mais peut-être est-ce justement là, en ce point immatériel et perdu qu’ils se confrontent et se retrouvent, dans cet inatteignable de l’art, cet incommensurable de la création : tous deux nous parlent de l’Homme, de sa familiarité et de son indéfinissable complexité.

Nicolas Canu, comme à son habitude, traite de scènes presque banales, sans emphase ni théâtralisation. La description minutieuse de cette quotidienneté tend à l’identification du spectateur à l’œuvre : ces éclats de vie arrachés à l’histoire de l’artiste se métamorphosent par le geste sûr et sans faille de l’artiste en une immersion émotionnelle en eau profonde. La virtuosité dans la représentation que Nicolas Canu déploie dans ses œuvres l’inscrit dans une longue histoire de l’art qui parle de l’Homme par le récit détaillé de faits qui semblent à première vue anodins. Mais en plongeant dans son monde si profus, c’est en fait le nôtre que nous visitons et que nous parvenons peut-être à mieux saisir.

Tout à l’inverse, par la lourdeur même du matériau et le traitement brut de la matière qu’il lui inflige, Jean-Yves Gosti fige des moments uniques que l’on sent éphémères tout en faisant triompher un sentiment d’éternité. L’esprit est alors pris au piège et l’émotion devient palpable, quasi matérielle. C’est comme si un cataclysme sans nom avait pétrifié l’action en train de se faire : de terribles forces telluriques auraient-elles surgi là sans avertir comme ce fut le cas à Pompéi ? Ou bien le regard de ces personnages aurait-il croisé les yeux glaçants de la terrible gorgone Méduse ? Nous ne le saurons bien sûr jamais, mais, confronté à ces visions stupéfiantes et puissantes, le spectateur se trouve à son tour frappé de stupeur et comme médusé quand la pseudo fluidité de sa vie est momentanément stoppée.

Étienne Yver, 2024