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Sculpture

Julien Allegre

Julien ALLEGRE est sans aucun doute un artiste de matière, avide de trouver celle qu’il n’a pas encore été…

Il nous invite ici à ressentir les métamorphoses autant émotionnelles que concrètes du visible.
Ces sculptures sont le fruit d’un travail sur plusieurs années, elles sont le reflet du cheminement aux multiples variations parcouru, convoquant des sujets forts tels que la complexité de l’âme, ses forces et ses faiblesses, ou portant sur l’animalité et la beauté de la nature, soit encore sur l’intemporalité ou l’irrévocable temps qui passe…


Julien ALLEGRE questionne notre rapport au vivant, il mélange les genres et pose des questions sur le lien entre la nature et l‘homme: Souvent l’animal semble fantasmé, sorti d’un monde imaginaire et pourtant son attitude nous semble familière.

Parfois, il ne retient que la forme ou une composition fragile évo-quant un végétal ou une matière organique peut être encore incon-nue, par là sa vision ouvre à un esprit critique et nous invite à nous sensibiliser à la fragilité du monde qui nous entoure.

Toujours fascinés par l’humain, il troque leurs peaux contre des sur-faces semblables à des écorces, leurs visages prennent des allures organiques ou minérales .


Il tisse alors des liens entre les différents aspects des espèces, son langage polymorphe nous parle alors de l’universalité et des liens inéluctables si précieux du vivant .

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Horaires

Du 24 avril au 16 juin 2024

Nicolas Canu | Jean-Yves Gosti

Vernissage

Samedi 27 avril 2024 à 18h

Double vue 

Nicolas Canu / Jean-Yves Gosti

 

Il est malaisé de tenter un rapprochement entre ces deux artistes d’une même génération (Nicolas Canu est peintre né en 1966 et Jean-Yves Gosti sculpteur en 1960). Cette nouvelle expérience est pourtant un riche face-à-face. Tenter une comparaison entre ces deux univers serait artificiel tant ils semblent se situer sur deux parallèles qui par définition ne se rejoignent qu’à l’infini. Mais peut-être est-ce justement là, en ce point immatériel et perdu qu’ils se confrontent et se retrouvent, dans cet inatteignable de l’art, cet incommensurable de la création : tous deux nous parlent de l’Homme, de sa familiarité et de son indéfinissable complexité.

Nicolas Canu, comme à son habitude, traite de scènes presque banales, sans emphase ni théâtralisation. La description minutieuse de cette quotidienneté tend à l’identification du spectateur à l’œuvre : ces éclats de vie arrachés à l’histoire de l’artiste se métamorphosent par le geste sûr et sans faille de l’artiste en une immersion émotionnelle en eau profonde. La virtuosité dans la représentation que Nicolas Canu déploie dans ses œuvres l’inscrit dans une longue histoire de l’art qui parle de l’Homme par le récit détaillé de faits qui semblent à première vue anodins. Mais en plongeant dans son monde si profus, c’est en fait le nôtre que nous visitons et que nous parvenons peut-être à mieux saisir.

Tout à l’inverse, par la lourdeur même du matériau et le traitement brut de la matière qu’il lui inflige, Jean-Yves Gosti fige des moments uniques que l’on sent éphémères tout en faisant triompher un sentiment d’éternité. L’esprit est alors pris au piège et l’émotion devient palpable, quasi matérielle. C’est comme si un cataclysme sans nom avait pétrifié l’action en train de se faire : de terribles forces telluriques auraient-elles surgi là sans avertir comme ce fut le cas à Pompéi ? Ou bien le regard de ces personnages aurait-il croisé les yeux glaçants de la terrible gorgone Méduse ? Nous ne le saurons bien sûr jamais, mais, confronté à ces visions stupéfiantes et puissantes, le spectateur se trouve à son tour frappé de stupeur et comme médusé quand la pseudo fluidité de sa vie est momentanément stoppée.

Étienne Yver, 2024