Sculptures Textiles / Papier

Véronique Melotto

Depuis 1986, sur mon métier, je tisse le papier journal. Je métamorphose, recycle et pérennise ce vecteur d’informations dépositaire d’une mémoire collective.

Sous mes doigts, il véhicule un tout autre discours qui, perdant en intelligibilité, fait entrer le spectateur dans un univers poétique, onirique.

 J’offre au papier journal une seconde vie à travers mes formes textiles qui sont toutes mes secondes peaux. J’aime son accroche à la lumière et sa patine qui évolue avec le temps.

Mes sculptures sont faites de dualités entre tension et flottement, présence et absence, plein et vide, ligne droite et courbe, noir et blanc… qui s’affrontent, puis s’équilibrent. Elles sont des mises en forme de mes ressentis, de mes intuitions. Elles évoquent mon paysage intérieur, la mémoire, le temps, la protection, l’enveloppe charnelle absente, le corps spirituel. Elles sont des lieux à explorer, à vivre, des Architextures propices à la liberté, à la contemplation et à la rêverie.

 

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Horaires

Exposition en cours

Du 2 septembre au 11 octobre 2026

Textiles

TEXTILES

Sont-ils peintres, sculpteurs, installateurs ? Sans doute sont-ils tout cela à la fois, ces artistes qui emploient cette matière si multiple et si singulière : le fil.
Qu’elles soient de toile, de velours, de sergé ou de percale, de flanelle, de cretonne, de batiste ou de je ne sais quel autre tissage, tricotage, tapis, tapisserie ou broderie, ces œuvres singulières que cette exposition réunit assemblent avant tout des histoires. Chaque pièce ici montrée confronte à sa manière l’histoire d’un savoir-faire ancestral à de micro-histoires, personnelles et secrètes, que chaque artiste nous renvoie avec emphase ou retenue, timidité ou détermination.
La chaîne et la trame de ces riches matériaux, homogènes ou composites, nous livrent, plus sûrement peut-être que le marbre ou la peinture, une sensualité à fleur de peau qui, dans leur souplesse constitutive, en appellent à une participation active de tous nos sens. De plus, l’entrecroisement orthogonal de fils de laine, de coton, de soie, ou de tous autres composants, nous situe dans l’univers, territorialement et historiquement, aussi sûrement que nos encyclopédies ou nos quatre points cardinaux. En effet, la matérialité même de ces substances ne nous ouvre-t-elle pas à de nombreuses réflexions mentales et poétiques ? Leur provenance ne nous précipite-t-elle pas sur notre Terre plus sûrement et intimement que tous les récits des géographes ou explorateurs ? La laine finança les voyages de Christophe Colomb. Le coton suscita l’esclavage. La soie fut si longtemps mystérieuse qu’espions et aventuriers furent envoyés jusqu’aux confins orientaux de la Chine. Et le nylon ? S’il ne date que de 1935 et nous parlerait de New York et de Londres (NY-LON), il fit surtout rêver femmes et hommes par la suavité abordable de ces bas tellement hollywoodiens.
Ainsi, par la composition et les formes, les pesanteurs et l’audace chromatique, ces artistes font-ils émerger de nombreux et riches domaines polysémiques. Ils convoquent alors dans leur travail l’équivoque, l’ambiguïté et l’incertitude, l’indétermination et l’énigme. Ne sont-ce pas là, justement, le tissu constitutif premier de tout art ?
Étienne Yver, 2026

Vernissage

Samedi 5 septembre 2026 à 18h