Peinture

Dussuyer Florence

A l’heure de l’ultra-visibilité des images, de l’intelligence artificielle, des vérités mises en doute, des surexpositions, de la peinture au service de l’image : Qu’en est-il de la place du corps, de la matérialité de l’émotion, du sensible ?

C’est autour de la densité physique et profonde du réel, de la nature, de soi, de la notion d’existence même de « corps » que je peins : pour ne pas aplatir le sens de l’humain.

Mon travail traite des flux, des paysages, ceux du réel et ceux qui émergent de soi, du corps féminin, de la présence, du désir et de l’étendue, de ce qui me traverse sans hiérarchie (puisque le regard est ainsi fait dans sa dynamique vivante).

Quand je vais peindre, il y a cette urgence : se lever pour, se chausser souple, condenser l’instant. On entre dans la peinture, dès l’enfance, comme on entre en soi.

Ma pratique est avant tout picturale et fonctionne par séries. Les endormies sont principalement cette série que je questionne par intermittence afin de mettre en relation différents sujets et représentations : dans ce rapport à la peinture, entre veille et sommeil, présence et absence au monde, le dormeur, comme le peintre questionne la notion de présence, d’être-là. Il est évident que le rapport au temps est un flux et que la mémoire traverse les âges dans ma pratique. En dehors de la peinture, j’ai également mené différents projets ponctuels (dessins, performance, danse, création collective de danse, de livres d’artistes etc, enseignements dans diverses structures éducatives).

Peindre est un jeu d’imagination, de rebonds et de glissements, de revisites dans l’histoire de l’art, de jeux de références culturelles. Une ligne court dans la matière. Je puise, Je puise en moi, j’arpente la découverte de mes mains. Je tourne autour de la toile dehors, sous le soleil comme on danse. Je cherche, le bon geste, du rythme, des rapports chromatiques qui me surprennent. J’épuise, j’efface, je décolle, déplace, renverse, trempe, chiffonne, chauffe, repeins, je tente jusqu’à m’éloigner un peu plus encore pour y trouver ce qui doit être.

Une mise à nue, la présence.

Si le peintre est un passeur d’émotions, c’est aussi pour offrir un temps à se reposer, à rêver, à tisser des liens, à s’échapper. On rêve comme on produit des images dans ce grand lit qu’est le monde, en chacun de nous.

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Exposition en cours

Du 3 juillet au 30 août 2026

Collective été

34 artistes de la galerie

Vernissage

Samedi 11 juillet 2026 à 18h